Paris : Place blanche Soldatenheim
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- Catégorie : Paris : l'occupation
Paris : Place blanche Soldatenheim
Le 14 juin 1940, la capitale a été déclarée « ville ouverte ». L’armée allemande défile depuis la place de l’Etoile et descend les Champs Élysées, marquant fortement les esprits des civils qui n’ont pas suivi l’exode. Les drapeaux tricolores sont remplacés par le pavillon nazi sur tous les monuments et les bâtiments administratifs. Les hauts lieux de plaisir n’échapperont pas aux pavoisements outranciers de l’occupant.
Dès juillet 1940, les autorités allemandes font éditer un guide pour le soldat allemand en permission et les membres des administrations militaires en poste dans la Capitale. Bien sûr, l’occupant se délecte de la plus belle ville du monde, de ses monuments, jardins grands restaurants, cabarets, cinémas et évidemment de ses bordels. Malgré ces temps de guerres, le champagne et les vins millésimés ne manqueront jamais.
Un cours monétaire d’échange imposé des plus avantageux pour l’occupant permettait de littéralement piller les commerces de luxe.
Ces « Messieurs » firent de la capitale française un haut lieu de plaisir afin de pouvoir dire « Heureux comme Dieu en France » « Glücklich wie Gott in Frankreich ».
Cette expression illustre avec cynisme le contraste entre le confort de l’occupant et les privations croissantes de la population.
La photographie prise à Paris, place Blanche, montre un établissement situé à l’angle d’un carrefour très fréquenté, non loin du Moulin Rouge, haut lieu du divertissement parisien. Le bâtiment, clairement identifié comme une brasserie-restaurant, a été réquisitionné par les autorités d’occupation allemandes pour devenir un « Soldatenheim », un foyer réservé aux soldats de la Wehrmacht.
La transformation est immédiatement lisible :
De grands drapeaux à croix gammée sont déployés sur la façade et au-dessus de l’entrée principale.
Une enseigne explicite indique « Wehrmachtsspeiselokal – Nur für Wehrmachtsangehörige » (restaurant de la Wehrmacht – réservé aux membres de la Wehrmacht).
Le nom « Soldatenheim » est visible, confirmant la fonction de lieu de repos, de restauration et de sociabilité pour les soldats allemands.
La scène de rue est animée : civils parisiens, passants, cyclistes et soldats allemands se croisent, illustrant la cohabitation contrainte entre population occupée et occupant. L’attitude des civils, souvent indifférente ou résignée, contraste avec l’omniprésence des symboles nazis, imposés dans l’espace public.



Sources : Google Earth, coll. part.
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