Le créateur du site

 

 

Ma passion pour les deux grands conflits du XXe siècle remonte à ma plus tendre enfance. Elle a pour origine un facteur historique et un facteur familial. Je suis né dans le Nord de la FRANCE. Cette région fut une terre de prédilection pour les envahisseurs qu’ils soient venus du Nord, du Sud, de l’Est ou de l’Ouest. Ils ont forgé l’âme de ce pays : la Flandre et de ses habitants : les Flamands. J’ai vécu mes dix sept premières années d’existence dans une petite ville flamande au passé prestigieux nommée Cassel. De par sa situation géographique, Cassel est située sur une butte de 175 m d’altitude qui domine entièrement la vaste plaine des Flandres. Le passé militaire de Cassel commence bien avant l’arrivée des Romains. Elle est fortifiée par les Morins et transformée en Castellum. Le site militaire est ensuite occupé par les Romains qui renforcèrent les fortifications. Quelques vestiges de cette époque sont encore visibles sous forme d’un mur fait de blocs de grès ferrugineux. De Cassel, partaient de nombreuses voies militaires romaines dont le tracé de sept d’entre-elles est encore présent aujourd’hui. Cassel connut les Grandes Invasions, les Vikings, les Normands, les guerres du Moyen-Âge. La ville fut dévastée durant les XV, XVI et XVIIe siècle. Elle fut occupée par les Français, les Espagnols, les Anglais, les Hollandais, les Prussiens et les Allemands. En tout, Cassel fut assiégée, prise ou reprise treize fois, dévastée ou incendiée dix fois, démolie cinq fois, restaurée six fois, bombardée trois fois. 
Trois grandes batailles s’y déroulèrent :
1071: 1ère bataille de Cassel, victoire de Robert le Frison sur la Comtesse Richilde et le Roi de France Philippe 1er
1328: 2ème bataille, défaite de Nicolas Zannekin et des communiers flamands, révoltés contre le Comte de Flandre Louis de Nevers. Le Roi Philippe de Valois fut le vainqueur de cette bataille dit-on. Le lendemain de la bataille, le connétable Gauthier de Châtillon, sur ordre du Roi, saccagea la ville et le château fort et passa au fil de l'épée les habitants qui n'avaient pu fuir. 
1677:
 3ème bataille, celle-ci fut la plus décisive pour l'avenir de la Flandre. Victoire des troupes de Philippe d'Orléans, frère de Louis XIV, sur celle du Prince Guillaume d'Orange. De cette bataille découle le Traité de Nimègue (1678) qui entérine le rattachement d'une partie de la Flandre à la France. Souvenir de cette époque, un monument dit " des trois batailles " surplombe la ville. Trois dates y sont gravés : 20 février 1071, 23 août 1328 et 11 avril 1677. Cette époque marque la fin du castellum. Mais Cassel devait connaître de nouvelles heures de gloire durant les deux derniers conflits.
1914-1918
Tenant compte de sa position stratégique, le Général Foch y établit son quartier général en 1914-1915 durant la bataille dite de l’Yser. Dans ses mémoires, on peut y lire ce passage " Mon inquiétude et mon regard s’étendaient surtout d’Ypres à Nieuport, ce sont les feux de cette ligne que je considérais la nuit de la hauteur de Cassel ". Ce chef prestigieux arrêta la progression des troupes du Kaiser.
1939-1945
En mai 1940, la situation des armées françaises et britanniques est désespérée. Le 27 mai, c’est à Cassel, qu’est prise une décision historique qui changera l’avenir de la guerre : le lancement de l’opération Dynamo. Opération qui permettra le rembarquement de 338.226 soldats alliés à Dunkerque. Cassel paiera une fois de plus son tribut à la guerre. Les soldats britanniques utiliseront cette position dominante pour y créer un verrou afin d’arrêter la progression des forces allemandes et gagner un peu de temps pour permettre le rembarquement de leurs compatriotes Bombardée par l’ennemi, de nombreuses maisons historiques dont le musée brûleront et hélas, une fois de plus la population ne sera pas épargnée par le feu et le fer. 80 % de celle-ci sera sinistrée par ces trois jours de combats. Cassel sera libéré début le 3 septembre 1944 par la 1ère D.B. polonaise sous commandement canadien. Reconstruite vers les années 1950-1960, Cassel ne retrouvera qu’en partie son visage flamand.

Vous direz, et moi dans tout cela ? Mon père, né en 1933 a connu ce dernier conflit et il lui reste de nombreux souvenirs d’enfant : combats aériens, passage des bombardiers, etc. Il eu même la chance de voir les premiers tirs de fusée V1. Ma mère, né en 1934, en Tchéquie, a connue aussi l’occupation féroce des Nazis et la " libération " de son pays par l’Armée Rouge. Il va de soi que durant toute ma jeunesse, j’eu droit aux récits de leurs souvenirs encore si vivaces. C’est durant ces années, qu’est né ma passion pour l’histoire. Je me souviens encore de la première visite du musée militaire local avec mon père. J’écoutais de mes deux oreilles toutes ses explications, ma main dans la sienne. Il m’avait, sans le vouloir, injecté le virus qui ne devait jamais me quitter. Durant les années qui suivirent, je côtoyais régulièrement des historiens locaux comme Mr Descamp ou Mr Beudaert. Ces personnes, au savoir immense, m’aidaient souvent et je leur dois mes meilleures notes en test d’histoire. Durant ma jeunesse, j’eus la chance de rencontrer régulièrement les anciens de " 14 ". Personnages redoutables et hauts en couleurs dont la génération a aujourd’hui disparu. Un coup de canne asséné par un des ces " anciens " remettait rapidement le chenapan dans le droit chemin. Ils ne se lassaient pas de raconter " leur guerre ", la " der des ders ". Un ch’tit " canon " de rouge ou un p’tit verre de genièvre ravivaient leurs souvenirs et ils devenaient intarissables. Le 11 novembre était leur journée. Tous les enfants des écoles étaient rassemblés autours du monument aux Morts. On les honorait. Le poids des années les voûtait, mais la sonnerie du clairon les redressait. Et sur leurs vestes brillaient de prestigieuses décorations. Bien souvent de leurs yeux, une larme coulait. En 1973, j’ai passé mon brevet de secouriste et certains moniteurs étaient des anciens de la défense passive. Il va de soi que les après-cours tournaient vite aux évocations de souvenirs de la période 1939-1945. Le maquettisme fit son apparition dans ma vie quelques années plus tard en la personne de Mr Lambert. Ce brave homme, aujourd’hui décédé, fit naître la passion du maquettisme à des dizaines de jeunes de mon âge. Il anima un club ou nous nous retrouvions le jeudi et le samedi après-midi. Son engouement et sa passion lui valurent de créer un musée local de la maquette retraçant l’histoire de Cassel avec comme pièce maîtresse une reconstitution de la Bataille de Cassel de 1677 au 1/72e composé de plus de 6.000 figurines peinte par nos doigts ,dirigés par ses conseils avisés. Il fut mon mentor. J’ai quitté Cassel à l’âge de 17 ans pour entrer dans l’armée ou j’y ai servi pendant 27 ans. C’est à cette époque que j’ai commencé le 1/35e, échelle que je n’ai plus quittée depuis. Aujourd’hui, les technologies nouvelles révolutionnent notre environnement. 

C'est grâce à internet que j'ai eu le plaisir de rencontrer Jean-Pierre Chaput, administrateur du site 2iemeguerre.com, auquel j'ai apporté ma contribution active durant douze ans.

Je rends hommage à mon ami Wilhelm, qui a été mon soutien technique durant de longues années, Wilhelm mon ami, mein Freund, qui nous a quittés trop tôt.

En fin, un clin d'oeil à ma chère et tendre, mon plus indéfectible soutien, qui sait faire preuve de stoïcité face à cette passion si dévorante et envahissante qu'est le maquettisme.

Alain Beck