OT 34 76 mm modèle 1943

 OT 34 76 mm 

 

Pendant les années 1930, l'Armée Rouge a ouvert la voie dans l'utilisation de réservoirs de lance-flammes, basés principalement sur le T-26, mais à cause de la tactique défensive des Soviets pendant la première année de la guerre, le type est tombé en désuétude. Lors des combats contre la Finlande, l’OT -26 subit de lourdes pertes. Il est obligé de se rapprocher au plus près de l’adversaire car la portée opérationnelle du jet ne dépasse pas la quarantaine de mètres. Son faible blindage de 25 mm maximum ne résiste pas aux coups des pièces et fusils antichars. Avec l’arrivée du T-34 ayant pour qualités la mobilité, la protection, la rusticité et la puissance de feu, l’état-major soviétique ordonne une nouvelle adaptation. L’OT 34 est une transformation du T-34 en char lance-flammes par montage interne d’un système complet lance-flammes et de réservoirs dans un T-34/76mm. L’ " O " est la première lettre du terme " Ognemetnyjse " se traduisant par lance flammes en russe. Extérieurement, la version lance-flammes ne se différentie pas de la version classique. Le retrait de la mitrailleuse de capot permet le montage du tube de décharge. Le reste de l’armement canon de F-34 de 76,2 mm et mitrailleuse coaxiale reste fonctionnel. Cependant, l’encombrement du système impose une baisse de la dotation en munitions.

Le tube de décharge de l’ATO-41 lance-flammes est installé à la place de la mitrailleuse de capot Degtyarev et sa dotation en carburant permet une dizaine de jets enflammés. La portée pratique de l’ATO-41 en condition de combat permettait d’atteindre un objectif situé entre 60 et 100mètres. Il va de soi- que c’est le blindage du T-34 qui permettait à l’équipage de se rapprocher assez de près des positions allemandes pour employer le lance-flammes. Le lance-flammes ATO-41 avait une réserve de 105 litres. Pour l’époque, la cadence de tir est tout à fait exceptionnelle. Alors que la plupart des lances flammes sont obligés d’attendre une trentaine de seconde entre chaque tir, l’ATO-41 peut projeter trois jets dans un laps de temps d’environ dix secondes. L’avantage tactique pour le servant est indéniable. Cela lui permet de " traiter " plusieurs cibles presque simultanément. Les premières expérimentations par les Soviétiques de chars lance-flammes basés sur T-34 ont commencé en janvier 1941. Mais la production de l'OT-34 n’a commencé qu’au milieu de 1942. Cependant le système ATO-41 présentait quelques défauts et il fut remplacé par la version ATO-42 plus performante. Donnant satisfaction, il fut installé sur le T-34 et sur le KV-8. Le lance-flamme remplaçait la mitrailleuse coaxiale de tourelle sur ce dernier. Chaque jet consommait dix litres de carburant. Cette consommation dépendait de la viscosité du mélange. Selon le liquide enflammé utilisé, la portée varie entre 65 mètres pour un mélange de 60% de pétrole et 40% de kérosène et 100 mètres pour un mélange de kérosène additionné de " savons d’aluminiums ". L’ATO-42 équipe principalement le T-34/76 modèle 43 plus fortement blindé. L’augmentation du volume de liquide inflammable transporté augmente le poids du char qui passe à 30,5 tonnes. L’installation diminue le volume interne et rend les conditions de vie des équipages encore plus pénibles. Même si la combinaison T-34 / ATO-42 donne un compromis satisfaisant, la faiblesse des réservoirs ne permet qu’une capacité d’une vingtaine de jets au maximum. Cette faiblesse oblige les chars lance-flammes à des ravitaillements fréquents.

L’installation des réservoirs du lance-flamme des bonbonnes d’air comprimé à l’intérieur de la coque obligea les concepteurs à revoir l’aménagement du T-34. Une des modifications fut le déport du poste radio. Le poste radio (probablement un 9-RM) fut installé sur un châssis situé dans la nuque de la tourelle. L’embase de l’antenne radio fut elle aussi déplacée et installée à l’arrière de la tourelle. Ses modifications mineures ne changeaient en rien l’aspect extérieur du char et il fallait un œil averti pour discerner un OT-34 sur le champ de bataille. La spécifié du char lance-flammes et la terreur qu’il produisait sur les combattants en faisait une cible prioritaire pour l’artillerie anti-char allemande. L'OT-34 a été produit milieu 1942 à l'usine Charkov No183 et l'usineNo112 à Gorky. Tous châssis confondus, on estime à environ 1 170 chars T-34 convertis en OT-34. Par la suite, certains T-34/85 mm furent convertis en OT-34/85. C’est lorsque l’armée rouge reprend l’offensive que le OT-34 sera utilisé massivement dans la lutte contre les retranchements et fortifications allemandes. Les défenseurs succombent soit par brûlure dans d’affreuses souffrances, soit par asphyxie. Le mélange kérosène/ savon d’aluminium qui s’infiltre par les meurtrières et éclabousse littéralement l’intérieur de l’ouvrage, ne laisse aucune chance à ses occupants. En déploiement tactique, Les chars lance-flammes étaient regroupés au sein d’un bataillon indépendant. Un bataillon indépendant de chars lance-flammes est structuré en trois compagnie selon le système tertiaire cher aux soviétiques : deux compagnies de KV-8 a dix chars et une compagnie d'OT-34s a onze chars. Ces unités étaient à disposition du front ou des armées pour des opérations spéciales. En raison du manque de chars lance-flammes KV-8, le bataillon fut réorganisé en bataillon " mixte " composé de deux compagnies d'OT-34 et une compagnie de T-34 pour la couverture " feu ". Les résultats tactiques restent mitigés en raison du faible emport en carburant. L’effet phycologique lui reste évident. Le lance-flamme est classé par les combattants comme une arme inhumaine et barbare. Des témoignages des divers belligérants attestent qu’en certains cas, les servants ou les équipages de lance-flammes capturés furent exécutés sans autre forme de procès.

Armement
1 ATO-41 lance-flammes (10 jets) ou
1 ATO-42 lance-flammes (20 jets)
1 canon de 76,2 mm F-34 (77 obus)
1 mitrailleuse DT M1929 DE 7,92 mm (2750 cartouches)

Sources :
T-34 in action de Steven Zaloga et James Grandsen Squadron/Signal publications
TNT n°2 T-34/76 le guerrier venu de l’Est par Bruno Collin
Batailles et blindés hors-série n°7 Les dragons d’acier au combat
Lance-flammes 19-39-1945 n° 118 Editions Atlas